Découverte brutale du principe de réciprocité, typique de la fierté du peuple Russe.
rus
L'anecdote
Après la journée de visite de Saint Pétersbourg avec ma guide-interprète anglo-russe, je me suis retrouvé seul dans cet hôtel russe.
Ayant besoin de téléphoner, je m'approche des comptoirs à l'accueil. Il n'y avait que des hôtesses d'âge mur, dans le plus pur style soviétique. Coiffure du style année 80 bien apprêtées. Corsage blanc amidonné impeccablement repassé.
Je demande à l'une d'elle qui m'accueille avec un large sourire si elle peut m'indiquer le chemin pour aller à la poste. Emporté par l'habitude, je m'exprime en Anglais.
Brusquement, son visage se ferme, le sourire disparait et elle me dit avec autorité "Gavariti parouski !" (Parlez russe !).
Au bout de plusieurs secondes, j’ai réussi à rassembler mes rudiments de Russe pour arriver à lui dire poliment dans sa langue "Pardonnez-moi, vous ne sauriez pas me dire où est la poste".
Et soudain, son visage s'illumine, un large sourire réapparait et elle m'explique le trajet à suivre . . . en Anglais.
J'ai alors compris un grand principe des relations Russes : Puisque j'avais fait l'effort de parler sa langue, alors, réciproquement, elle avait fait l'effort de parler la mienne.
La mentalité
Dans les années 90, une large partie des Russes était encore imprégnée de culture Soviétique.
Dans ce système, tout le monde était sur le même pied d'égalité. La notion de relation client/fournisseur n'existait pas. Imposer une langue étrangère est perçu comme s'arroger une autoritée non légitime, puisque nous étions tous des "camarades".
Chaque professionnel est trés fier de la qualité de son travail. Une fois que j'étais revenu camarade en parlant Russe, alors elle avait eu à coeur de faire son travail le mieux possible, en parlant cette langue étrangère.